Rencontre internationale « Les Plastiques dans l’Océan Indien »

L’IEP Madagascar a eu l’opportunité de prendre part à la rencontre internationale « Les Plastiques dans l’Océan Indien » organisée les 17, 18 et 19 octobre 2022 au Carlton par le GID et la COI.

Si le plastique est un produit incontournable de la consommation, il constitue aussi une menace effective de l’environnement. En effet il représente en moyenne 80% des déchets ménagers dont la suppression est encore une problématique mondiale causant des perturbations, des pollutions aussi bien sur terre qu’en mer. La rencontre a permis de partager essentiellement des informations relatives à l’Océan Indien pour soulever des collaborations, des actions communes. A la réunion par exemple on recense 4,4 millions de tonnes de déchets annuels (en 2018) soit 630 kg par habitant. La commune d’Antananarivo produit en moyenne 500 tonnes de déchets par jour pouvant aller jusqu’à 1000 tonnes en période pluvieuse.

Comme solution, alternative, programme, plusieurs pistes ont été discutées. L’utilisation par exemple d’éco emballage à base de manioc ou d’algue a été évoquée. Entre autres, l’IHSM de Tuléar a partagé leur recherche et pratique de l’algoculture. En effet, le déchet plastique n’est pas négligeable dans cette région où plus de 75% des macros déchets de mangrove sont constitués de plastique. En alternative, l’IHSM enregistre actuellement 1000 tonnes de production en algoculture par an soit 1% de la production mondiale, ceci destiné à une exploitation en bioplastique. Certaines sociétés comme Gasyplast en sont aujourd’hui utilisateur. Sur le plan économique l’algoculture présente également une opportunité de revenu considérable, en 2020 l’algoculture villageoise à Tuléar a permis de générer une recette totale de plus d’un milliard d’ariary et la création de 200 emplois directs. Autre piste, l’emballage de manioc est toutefois confronté à une double contrainte. Outre la dimension économique qui ferait augmenter le prix final d’un produit de 40%, comme le cas du groupe BASAN avec leur biscuit JB, la dimension culturelle est un réel blocage. En effet, il est quasiment impossible de concevoir, dans un pays d’extrême pauvreté où sévissent la sous-alimentation et même la famine l’utilisation d’une denrée alimentaire comme emballage.

Les réflexions des solutions alternatives en amont ont également été enrichies de propositions de gestion des déchets en aval. Plusieurs organismes ont présenté des résultats, des expériences en termes de recyclage. A la Réunion  5,5 tonnes de déchets annuels sont recyclés ou exportés. Toujours, à La Réunion, la mise en place de filet anti-pollution au niveau des eaux pluviales par l’organisation CINOR a permis la récupération de 170 kg de déchets sur une période de 6 mois en 2022. A Maurice l’usine Plastinax s’engage sur des opérations de recyclage à multiples impacts, notamment la transformation de déchets plastiques en lunettes à destination des pêcheurs locaux. A Madagascar, le groupe BASAN expérimente la construction de Pavé plastique issu de recyclage de leur propre déchet. Des fonds sont toujours également existants pour financer des initiatives environnementales à l’instar du financement européen pour la lutte contre les déchets marins, une ligne de 1,2 million d’euros est ouverte pour la protection de la biodiversité des écosystèmes marins.

Et au-delà de toutes ces démarches institutionnelles, la conscientisation citoyenne est sans doute encore la première base de possibles changements, de comportement, de consommation. En ce sens la sensibilisation par les arts est un exemple, le regroupement de trois BDistes de l’Océan Indien a permis la production de documents de sensibilisation sur les effets nocifs du plastique dans l’environnement : « Bulles d’espoir dans l’océan plastique » en collaboration avec l’IFREMER et le projet ExPLOI.

La rencontre internationale déroulée sur trois jours fut donc un partage fructueux avec des collaborations en projet pour combiner les recherches et expertises pour un bénéfice global de protection de l’environnement, et pour laquelle l’ABS et l’IEP ont pu prendre part avec grand intérêt.

IEP MADAGASCAR

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