La pandémie du Covid-19 engendre de lourdes répercussions sur le système économique mondial depuis son apparition en fin 2019. La performance économique des différents pays est en chute, notamment avec une pénurie alimentaire qui trouble le quotidien. Mais surtout, stress et dépressions atteignent la population. La situation semble plus alarmante pour les pays dont les habitants vivent au jour le jour comme à Madagascar. Pourtant, vu sur un autre angle, cette pandémie est une porte ouverte vers un meilleur futur.

Le Covid-19, reflet d’un système vacillant

Dépendante de l’importation, l’économie malgache est violemment touchée par les retombées du virus. Les pays avec lesquels Madagascar entretient principalement une relation commerciale sont les plus atteints, notamment les États-Unis, l’Italie, la Chine et la France. Ces destinations constituent en effet 33% des importations et 46% des exportations, selon le Ministère de l’Économie et des Finances. Faillites, licenciements des travailleurs et fermetures des zones franches sont à l’ordre du jour et accompagnent le confinement. Les risques sont d’autant plus nombreux. Selon l’INSTAT 93% des activités économiques malgaches proviennent du secteur informel. En d’autres termes, plus de la moitié des travailleurs ne bénéficient pas du statut légal de salarié et dont la santé au travail n’est guère garantie par les employeurs. La fragilité du secteur informel et des petites entreprises est ainsi flagrante, laissant de nombreux Malgaches privés de leur source de r e v e n u s quotidienne.

Une porte-ouverte vers un futur plus durable

« Une crise est un accélérateur de tendance ». C’est une circonstance favorable pour cesser de voir le revers de la médaille et saisir les conséquences de la pandémie pour en corriger des failles. Certes, les répercussions du virus sont désastreuses et les retombées économiques sont les plus immédiates du fait du ralentissement de plusieurs activités, voire leur arrêt. Mais n’est-ce pas « la pause » dont nous avions besoin ? Le professeur Jon Kabat-Zinn fait par ailleurs l’éloge du « non-agir » dans ses ouvrages. Comme quoi le non-agir serait l’élan nécessaire pour un saut de longue portée. Suivant cette perspective, « résilience » serait le maître-mot. En effet, la fermeture des frontières ainsi que les failles de la mondialisation pourraient être l’occasion de mettre en exergue le « Vita malagasy » et d’organiser une redistribution équilibrée des richesses. Cette crise pourrait également faire revivre la confiance entre l’État et les citoyens si la situation est gérée. La pandémie du Covid-19 n’est d’autant plus qu’une fenêtre d’opportunité pour une ère plus durable.

Toutefois, une telle résilience repose sur non seulement l’intégrité de chaque acteur, mais également sur la durabilité des politiques entreprises. « Nous devons avoir pour ambition de reconstruire en mieux, afin que nos systèmes soient plus sûrs, plus justes et plus durables que ceux qui ont permis à la crise d’éclater, et plus efficaces pour amortir les répercussions des futures crises sur les populations du monde entier » -Guy Ryder (Directeur général de l’OIT).

Sariaka, Licence 2

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